Raymond

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Raymond part d’une écriture ornementale trouvée dans un ancien catalogue de caractères métalliques et aboutit après une quantité déraisonnable de mauvais traitements numériques. Le modèle a été vectorisé automatiquement, déformé, puis développé en une police liée utilisable. Cette version fonctionnelle a été pixellisée, soumise à de multiples couches de torture dans Photoshop, retracée, nettoyée à la main et superposée à la police de base. Le procédé conserve la structure calligraphique élaborée du dessin ancien tout en donnant à chaque contour la surface malmenée d’un objet mal imprimé, mal conservé et copié à répétition.

Capitales à boucles, fort contraste des traits, longues ascendantes et descendantes profondes portent la solennité d’une écriture commerciale historique. Bords rugueux, traits brisés et plages de bruit visuel troublent cette formalité. Raymond se distingue de la nostalgie soignée du peintre en lettres et des écritures usées ordinaires : c’est un lettrage formel à la provenance douteuse.

Cette contradiction fonctionne particulièrement bien sur les emballages alimentaires et les boissons. Raymond peut mener les étiquettes de bitters aux plantes, d’amaro, de rhum brun, de whisky de seigle, de vermouth, de bière vieillie en fût ou de cordiaux épicés. Son ornement rugueux convient aussi aux sauces piquantes fermentées, sels fumés, ails noirs, conserves, mélasses, chocolats noirs et confiseries à l’ancienne. Sur une bouteille, une collerette, un sceau de lot, un emballage de chocolat, un carton de sauce ou un menu de taverne, le nom du produit peut paraître hérité, clandestin ou tiré d’archives au classement peu fiable.

Cette autorité incertaine convient aussi aux flacons de remèdes miracles, boîtes de cigares, prospectus de magiciens itinérants, certificats douteux, panneaux de visites de fantômes, invitations à des séances de spiritisme, titres de folk horror et faux documents historiques. Pour la musique, elle accompagne psych-folk, recueils de murder ballads, Americana gothique, garage blues, folk punk et rock occulte. Les fioritures des anciens recueils de chansons demeurent, mais la surface abîmée écarte la nostalgie policée.

Raymond marque surtout les esprits en quelques mots. Noms de produits, titres, ouvertures de chapitres, grandes initiales et courtes lignes d’affiche donnent assez d’espace à ses capitales complexes et ses contours abîmés. Sous tous ces dégâts, c’est une police pratique ; sa véritable fonction reste pourtant l’atmosphère plutôt que la lecture suivie.

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Informations sur les polices commerciales

Détails de la famille

Première publication
2007
Styles
1 style
Version
1.202
Formats
OTF
Classe
Script
Écritures
Latin
Usage
Titrage
Caractéristiques
Usé
Noms des styles commerciaux (1)
  • Regular